Renault et PSA auraient augmenté le prix de pièces détachées

Grâce à un logiciel d’ajustement des prix, Renault, Peugeot et Citroën sont parvenus à maintenir à la hausse le prix des pièces détachées pour leurs automobiles, vient de révéler Mediapart. Pire, celles-ci vendues 5 à 7 fois leur coût de production, pourraient être à l’origine d’une entente secrète entre ces constructeurs.

Selon des documents que Mediapart assure avoir obtenu, les deux groupes auraient utilisé un “logiciel magique » de chez Accenture ” pour facturer 1,5 milliards d’euros supplémentaires aux automobilistes sur une durée de dix ans. “Vers la fin des années 2000, Renault et PSA ont majoré une hausse de 15 % sur les prix des pièces détachées car ils sont en situation de monopole”, selon Médiapart et le réseau de médias d’investigation EIC (European Investigative Collaborations).

Les documents seraient issus du cabinet de conseil Accenture, qui a fourni aux constructeurs  le logiciel Partneo pour effectuer les hausses de prix. Il  servirait notamment à déterminer plusieurs choses : la valeur perçue par le client ainsi que  le prix maximum qu’il serait prêt à payer pour mieux fixer les tarifs. Une façon d’augmenter les prix sans que le coût des pièces n’augmente du côté des constructeurs.

Les profits concerneraient notamment les pièces captives* des véhicules, sur lesquelles les constructeurs ont quasiment le monopole. “Ces pièces ‘captives’*  représentent en moyenne 30 à 50 % des revenus pièces détachées des constructeurs, et bien plus sur l’exagone”.

Les documents de Médiapart font état de 100 millions d’euros de profits par an pour chacun des deux groupes français. Avec une facture alourdie de 1,5 milliard d’euros pour les automobilistes en dix ans. L’Autorité de la concurrence constatait que le prix des pièces détachées en France avaient baissé entre 1996 et 2003, était reparti à la hausse ensuite. « Les prix ont augmenté de 13 % hors inflation entre 2000 et 2010 en France, alors qu’ils ont baissé partout ailleurs en Europe ».

Une enquête ouverte par l’Autorité française de la concurrence, en 2017 sur le cas Renault / PSA / Partneo, avant de la refermer sans suite en quelques mois !! « L’Autorité indique que les éléments portés à sa connaissance’ ne justifiaient pas l’ouverture d’une ‘enquête approfondie’. Bref circulez y’a rien à voir.

L’inventeur du logiciel poursuivrait actuellement Accenture, PSA et Renault devant le tribunal de commerce de Paris pour avoir violé les règles de la concurrence avec l’aide de son logiciel. Les documents dont parle Médiapart seraient issus de cette procédure. L’avocat de l’inventeur aurait confirmé au site d’information français l’existence de cette procédure judiciaire, sans en dire plus sur ses détails. Contactés par Médiapart, Accenture et PSA parlent d’accusations sans fondement. Renault dément également les faits.

 

  • déf de pièces captives :  leur commercialisation est limitée pour des raisons de propriété intellectuelle ou de sécurité des véhicules. Les constructeurs sont donc les seuls à pouvoir commercialiser ce type de pièce, ou, du moins, en contrôlent la commercialisation.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.